photo que j’ai prise dimanche dernier à Giverny

 


La génération flemmarde 2.0: 

   Lorsque j’ai crée ce site, je me suis jurée de ne parler que des choses futiles qui peuvent néanmoins agrémenter notre existence, et plus particulièrement de jeunes femmes « coquettes ».

Pour moi, la coquetterie fait partie d’un plaisir, un prolongement de ma passion pour les belles choses. Il n’a jamais été question pour moi de me préoccuper de l’avis des autres ou de m’habiller de telle manière à ce que les autres apprécient. De toute façon, chaque personne ayant plus ou moins un goût différent, c’est pratiquement impossible de plaire à tout le monde. Ou alors, on opte pour la « banalité », ce qui est généralement accepté par tout le monde. Ce n’est à ce moment-là, plus un plaisir.  Je n’entre pas dans le débat de savoir si prendre soin de soi, c’est être superficiel. Ma réponse est clairement non, en revanche, on est de cette génération qui se contente de vivre de manière superficielle.  Je m’explique ..

  Je ne fais pas partie de tous ceux qui sont formellement opposés à l’évolution technologique. C’est vrai que je suis de la génération qui a découvert l’essor de la nouvelle technologie, qui a un peu connu le temps où on devait appeler sur le fixe de nos copains pour fixer un rdv, pour aller voir un film au cinéma ou même se retrouver chez Starbucks. Le temps où on réservait nos courts de tennis via Minitel.. mais aussi de cette génération ultra-connectée et qui s’est adaptée à toutes les choses en général utiles, qui ont été permises par l’essor de l’internet. Si cette flexibilité nous a été bénéfique, je pense qu’on s’est un peu perdu entre la modernité et cette profonde nostalgie qui nous ronge.

    Il m’arrive de temps en temps de regretter ce temps où on ne se contentait pas d’exister, virtuellement, où on n’avait pas ce profil virtuel à travers lequel on existe.

Parce que s’il y a une chose que l’internet ne nous permet pas, c’est de vivre à travers-lui. Et même d’exister, parce que cette existence est virtuelle. Un peu comme si on jouait au Sims ou sur Second life dont on entends plus trop parler d’ailleurs pour ne pas dire pas du tout. On essaie plus de creuser, de connaître chaque personne, ce quelque chose qui la rendrait unique. On vit sur cette illusion de multitudes de choix que l’on n’a pas vraiment quand on réfléchit vraiment. Toujours cette dichotomie entre la quantité et la qualité.

 On se contente de plaire, de savoir si on plaît ou non, de savoir que des tas de gens existent, peut-être bien en bas de chez nous, ou même un peu plus loin dans la même ville. Qu’ils sont peut-être en train de profiter du beau temps, peut-être bien en train de boire une bière.

 Mais, le constat est là, on ne vit plus, on ne partage plus grand chose réellement. On ne s’implique pas, on ne se mélange pas. On se contente de lire les notices, de se faire une idée.  Chacun vit dans sa bulle. Un peu comme si on fuyait la réalité. Oui, on préfère se contenter de savoir qu’il y a des opportunités, même si elles ne sont qu’illusion.  On le préfère à des déceptions ou à la désillusion qui fait mal. Surtout lorsqu’internet nous fait miroiter des choses lointaines. On croit fort que ce qui ne s’est pas encore produit est possible. On ne fait plus aucun effort. Et ce n’est pas un reproche que je fais aux autres parce que moi-même, je suis blasée. On nous rabâche sans cesse la même chose, comment continuer à trouver quelque chose, quelqu’un qui éveille notre curiosité ? C’est comme si on commençait à jouer à un jeu que l’on connaît par coeur, dont on connaît la fin.  C’est redondant et navrant.

J’ai toujours aimé sentir, toucher, entendre, ressentir mes émotions. Utiliser pleinement mes cinq sens. La technologie nous permet de prendre contact avec des amis, des proches qui se trouvent à l’autre bout du monde. C’est vrai que d’avoir l’impression d’être proche virtuellement de ceux qu’on aime nous fait du bien, c’est toujours mieux que rien. Mais c’est à double tranchant, parce qu’on finit par se contenter de ce contact « virtuel » et si on finit par ne plus se voir du tout parce qu’on ne prends plus la peine de réserver nos billets d’avion, alors c’est nul.

Je repense souvent à ce que disait Sartre. « Refuser de choisir, c’est encore choisir. »

Moi, j’ai fait mon choix. Je préfère ne pas jouer à ce jeu. Il y a des gens qui préfèrent jouer même en sachant qu’ils ne gagneront rien, soit parce que ça les occupe, soit parce qu’ils ont l’impression de faire quelque chose, d’exister. A ce moment-là, autant ne pas exister..

Faire un choix, choisir, c’est prendre un risque. Un risque d’être déçu, d’être blessé, mais sans ça, on ne vit pas. C’est la preuve même qu’on s’implique, qu’on s’investie émotionnellement et que l’on existe.

Je refuse de croire qu’on n’existe pas parce qu’on ne joue pas. Etant quelqu’un de très passionnée, je ne vis plus dès lorsque je n’ai plus cette inspiration, lorsque je ne suis plus animée par des choses qui m’intéressent.

Ne pas jouer, c’est peut-être ça, exister et c’est commencer à vivre réellement. Ressentir des choses pleinement, affronter la vie, la réalité. Quelque chose de pas forcément positif, mais c’est appréhender les choses, la vie de manière profonde.

Exister, c’est bien. Vivre c’est mieux. Exister virtuellement, c’est carrément naze.

Midori

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s